J'ai toujours cru que ça n'arrivait qu'aux autres... Que j'ai pu être naïve! Quand on entend à la télévision que telle personne est morte car elle s'est suicidée à la suite d'une longue dépression, sur le coup, ça choque, mais on se pense invulnérable.
Pourtant, ça n'arrive pas qu'aux autres...
J'ai fais deux épisodes de phobie scolaire. La première fois, j'étais en 4ème, c'était le 23 janvier 2004, dans un bus, un mal de ventre terrible, une envie subite de rendre. Et puis, la soi disant gastro ne s'est jamais terminée, je devais sans arrêt sortir de cours, et un jour, je n'y suis plus allée du tout... Je ne voulais pas admettre à l'époque que j'allais mal, ni que c'était une grande angoisse, parce que j'avais honte. Les médecins ont pensé à tout: crise d'appendicite etc, au final, on s'est rendu compte que ça se passait dans ma tête. A chaque fois ça persistait, mes parents petit à petit ont perdu patience et ils m'ont renvoyé en cours... C'était un mercredi, en février, je m'en souviendrais toute ma vie. J'ai vomi avant d'aller en cours, je suis sortie plusieurs fois de classe. Et puis le lendemain, impossible d'y repartir: je sombrai dans la dépression. J'ai perdu mes amis, je me suis retrouvée seule. J'ai été voir un psychiatre et alors, pour moi, ce fut la honte suprême, surtout quand il a annoncé le diagnostic: phobie scolaire! J'ai eu un anti dépresseur: effexor . J'en ai pleuré... A cette époque, j'avais déjà perdu du poids, j'étais au bord du goufre. Et puis, grâce à ma prof de français et à une fille de ma classe, j'ai réussi à retourner en cours.
En seconde, je suis partie dans un lycée ou aucun de mes anciens camarades n'iraient. La rentrée s'est bien passée, mais hop, par la suite, rebelotte, je recoule. Ca a été pire... Je me suis retrouvée 2 fois par semaine à voir une psychologue et une fois par semaine le psychiatre. Je ne me supportais plus, je prenais du retard avec les cours, et en janvier 2006, je n'étais toujours pas revenue en cours... Au mois d'octobre par là, j'avais pris contact avec l'infirmière du lycée, et j'allais tous les jours à l'infirmerie (une à deux heures par jours). Une femme formidable! La première fois, je me suis retrouvée dans le bureau de la proviseure, je me suis mise à pleurer, trembler, suffoquer, tacchycardie, mal de ventre terrible, envie de rendre, enfin, tous mes symptômes. Il y a eu aussi des fonds débloqués, j'ai rattrapé en trois ou quatre séances les cours de français que mes camarades de seconde avaient déjà fait , mais dès qu'il a été question de me remettre dans une classe, même avec 3 élèves que je connaissais, j'ai bloqué... Ces couloirs, je ne les supportais pas, étroits, ils se refermaient sur moi, la salle aussi, étouffante, moi qui suis perdue, je sens que je vais tomber dans les pommes, que je vais mourir, que je dois sortir... etc
Bref, après tout cela, après tous mes échecs, je me suis mise dans la tête que je devais mourir. J'étais si mal que j'ai commencé à me scarifier, je ne le disais à personne, car j'avais trop peur qu'on me prenne pour une folle. Pourquoi me scarifier? C'était une façon de faire sortir mes soufrances par le sang, en ouvrant mes bras, comme si tout ce que je ressentais pouvait sortir au contact d'une lame... Je sentais que j'avais le contrôle sur ma vie, je me détestais et me trouvais nulle de ne plus pouvoir aller en cours! Et puis, un jour, le coup fatal... Il était question de me mettre dans une petite classe avec les 3 élèves que je connaissais. J'ai paniqué, même si ces trois filles je les apprécie beaucoup, et voyant que mes parents ne flanchaient pas et souhaitaient que j'y aille, je n'ai vu qu'une solution: mourir. Contre l'enfer, je préférais la mort. J'ai voulu m'ouvrir le bras, ce ne fut qu'une minime ouverture d'ailleurs, parce qu'après coup, j'ai commencé en voyant un filet de sang à avoir peur. Ma mère est arrivée, et puis, elle a vu sur mon avant bras un peu de sang, n'a pas compris, en a parlé à mon psychiatre et à l'infirmière. Le psychiatre a souhaité me faire interner, et a dit à ma mère, comme j'avais refusé, qu'elle me surveille jour et nuit. A cette époque, je ne sortais plus dehors, j'avais honte, parce que j'avais peur de rencontrer quelqu'un de ma connaissance, des élèves qui me demandent pourquoi je ne vais plus en cours, si l'école se passe bien, etc. Le mot école me rendait malade! Je ne sortais pas pendant les heures de cours, le week end je revivais... J'allais de plus en plus mal, au point d'avoir l'impression de virer en une sorte de phobie sociale, et d'être incapable d'aller dans un magasin (toujours envie de rendre). Je pensais encore plus à la mort, sans avoir la force de passer réellement à l'acte. L'infirmière m'a orienté vers une psychiatre, une nouvelle, qui a changé mon traitement. Je suis passée au deroxat, et j'avoue que les deux premières semaines (il faut 2 semaines pour qu'un anti dépresseur agisse environ) ont été terribles pour moi. Et puis, plus tard, on s'est mis d'accord que j'étais incapable de retourner en cours, et j'ai fais le cned. Depuis ce jour, j'ai revécu, parce que je me suis sentie "normale", comme tous les autres, je redevenais une lycéenne avec ses cours, ça m'a soulagé, je n'ai plus déprimé, j'ai fais mes cours avec grand plaisir, et à la fin de l'année, je suis passée en 1ère L. Et à la fin de l'année, j'ai réussi à repartir en cours, il n'y avait plus de controles, c'était l'arrêt des notes, je suis rentrée sans le savoir, on m'avait dit que j'irai juste à l'infirmerie, l'infirmière m'a mené à une exposition dans le lycée, il y avait toute ma classe , et puis aussi ma prof de littérature qui m'a beaucoup aidé aussi, ça s'est très bien passé, et la dernière heure, elle a fait son cours dehors, de manière à ce que je me sente mieux.
Et depuis, je me suis fais des amis au lycée, je revis, je suis heureuse, et je me battrais sans relâche pour que les phobiques scolaires soient reconnus et acceptés, qu'on ne passe pas pour des fénéants! Car je rêvais de repartir en cours! Je maudissais tous ceux qui osent sécher les cours. La phobie scolaire m'a amené à comprendre à quel point l'école était importante, c'était un rêve pour moi d'y retourner, car j'adore étudier. La phobie scolaire est une réalité, de plus en plus de personnes en souffrent, et c'est un combat que je souhaite mener pour qu'enfin nous soyons reconnus et respectés!
Je me suis bien souvent entendue, même de la part de professeurs (qui devraient apprendre la psychologie!!!!!) qu'il me fallait un bon coup de pied au cul, que j'étais en gros une comédienne! Idem, ma mère s'en ait vu plein la vue! Il paraît que c'est la faute de la mère! Les parents ne sont pas forcément responsables, ils se sentent tellement déboussolés face à cette maladie, à leurs enfants qui souffrent , et je ne supportais plus de la voir triste, et de me sentir coupable de rendre toute ma famille triste! D'ailleurs, j'ai longtemps menti à mes proches et ma famille, seuls mes parents le savaient, car j'avais peur de leur réaction, et que j'avais honte d'être phobique scolaire, devoir dire que j'ai peur d'aller en cours. Je me suis sortie d'une phobie scolaire, dépression. Alors à vous tous, amis phobiques scolaires, croyez en l'espoir.
Je souhaite juste qu'on soit reconnu... Qu'on parle plus de nous, mais pas qu'on parle de "refus" d'aller en cours, on ne refuse pas d'étudier, en général, on est studieux et on aime étudier! On a juste une peur démesurée et incompréhensible pour beaucoup...
courage à tous et à toutes, et merci d'avoir lu mon roman
^^'
MERCI à:
-Elodie
-Pierre-Luc
-Clara et Amélie
-Julie D.
-l'infirmière
-la CPE du lycée
-mes professeurs de français (de 4ème et 2de)
-Benji (alias Trahak)
-Coraline
-tous les cnédiens, le CNED (Aïda,Victor, Ophélie, Agnès, Robin, Angela, Clément, tous ceux que j'ai oublié
^^')
-mes psys, tous ceux qui ont cru en moi
-mes parents
-Julie C.
-Julie L.
-Sara F.
-Claire B.
-Madison
-Candie
-Claire L.
-Hélène
et toute ma classe de 1ère
-et enfin, merci à ma classe de seconde du lycée, qui m'ont aidé!!
Et un grand merci enfin à mon lycée, qui m'ont comprise et tout le temps aidé